
Une pensée à Maria.
Au vague à l’âme de cette chevauchée pensive , une lumière persistait : Maria.
Le matin emplit de soleil le corridor entrouvert. Les rayons naissants réchauffent l’atmosphère. Sur le perron de granit, usé par les va-et-vient de plusieurs générations, la porte s’ouvre entièrement. Elle est là.
Grand-mère, les cheveux ramassés en chignon, le visage lumineux. Elle m’embrasse comme à son habitude, d’une manière protectrice. Je ressens la chaleur de son étreinte, la douceur de sa peau, l’amour qui rayonne.
Maria, tu es la fleur de ma vie.
Le feu sacré que je souhaite à chacun.
La peine est grande quand je pense à toi, mais l’amour sauve la vie. Peut-on décrire les sentiments ? C’est comme une sculpture : on cisèle les liens de deux êtres au fil du temps, des complicités, des valeurs partagées, de l’amour sans retenue, de la simplicité.
Nous avions cette lucidité, et nous savions que la sensibilité est une force.
Ouvrir son cœur aux autres.
Les témoignages servent de liant, mais ne sont pas une fin en soi. Toutes les routes sont longues de poussières de vie.
Les étoiles ne sont que les étincelles de l’infini.
Voir, entendre… ou glisser dans la lumière silencieuse insondable.
Nous avons toujours une larme au coin de l’œil, un cœur qui vibre comme les cordes d’une guitare. La sensibilité vit en nous. Elle est notre musique intérieure.
Les chrysalides sont devenues papillons. Qu’importe la forme, les mots portent toujours un monde en perpétuel mouvement.
Maria, dans ce monde, est la note claire, le souffle chaud, la tendresse qui ne s’efface pas.



Joël Charvillat.
