Description
Il y a des souvenirs qui ne vieillissent pas.
Ils restent là, enfouis dans un recoin de l’enfance, et un jour, sans prévenir, ils remontent — avec leurs couleurs simples, leurs contours naïfs, leur vérité intacte.
Cette toile est l’un de ces retours.
Je devais avoir sept ou huit ans.
Je marchais sur un chemin de terre aux côtés de mon grand‑père, cet homme grand et silencieux qui avançait avec son bâton comme on avance dans la vie : lentement, mais sans jamais s’arrêter.
Les feuilles d’automne virevoletaient devant nous, et le Puy de Dôme, immense, nous regardait venir.
C’est alors que nous l’avons vu.
Un petit oiseau, posé là, immobile, rendu à la terre.
Je me souviens de mon grand‑père qui s’est arrêté, de son souffle qui s’est fait plus doux, de sa voix qui a changé.
Ce jour‑là, pour la première fois, il m’a parlé de la fin de vie.
Pas avec des mots compliqués, pas avec des phrases lourdes — mais avec la simplicité d’un homme qui sait que tout ce qui vit finit par s’éteindre, et que ce n’est pas une tragédie, seulement un passage.
Je n’ai pas peint l’oiseau.
Je n’ai pas peint la tristesse.
J’ai peint le souvenir tel qu’un enfant le porte :
avec des couleurs franches, des formes simples, un chemin qui serpente, un ciel qui respire, et cette innocence qui ne comprend pas encore tout, mais qui écoute.
Le style volontairement enfantin n’est pas un effet.
C’est la fidélité à ce que j’étais.
C’est la main de l’adulte qui laisse passer la vision de l’enfant.
C’est la mémoire qui refuse de vieillir.
Le chemin et l’oiseau est une toile de transmission.
C’est l’instant où un grand‑père ouvre doucement la porte du réel à un enfant, sans lui faire peur, sans lui voler sa lumière.
C’est un hommage à cette marche, à cette parole, à cette première leçon donnée sans gravité, au bord d’un chemin, devant un petit oiseau qui ne volait plus.






Avis
Il n’y a pas encore d’avis.